
Beaucoup de praticiens évitent Instagram par peur de franchir une ligne rouge. D'autres publient sans vraiment savoir où elle se situe. Résultat : soit une communication inexistante, soit une communication qui expose inutilement à un risque déontologique.
Ce guide existe pour mettre fin à cette incertitude. Vous saurez exactement ce que vous pouvez publier, ce qui est interdit, et comment construire une présence Instagram solide sans jamais vous mettre en défaut.
Depuis le décret du 22 décembre 2020 et les recommandations de l'Ordre publiées en mai 2021, les règles ont été assouplies pour s'aligner sur le droit européen. La logique générale est désormais celle de la liberté encadrée : vous pouvez communiquer, mais vous en portez l'entière responsabilité.
Le contrôle de l'Ordre se fait a posteriori. Il n'y a plus de validation préalable. C'est à vous de vous assurer que chaque publication respecte les règles en vigueur.
Trois textes de référence encadrent votre communication sur les réseaux sociaux :
Vous pouvez présenter vos formations, vos diplômes, vos spécialisations et votre expérience professionnelle. C'est l'un des piliers de votre communication Instagram : montrer qui vous êtes en tant que praticien, pas seulement en tant que cabinet.
Exemples de contenus conformes :
Horaires, accessibilité, équipements, organisation de la prise en charge : tout ce qui aide le patient à comprendre comment vous travaillez est autorisé.
Exemples de contenus conformes :
C'est ici que réside la plus grande liberté et le plus grand potentiel pour Instagram. Vous pouvez diffuser des informations scientifiquement étayées sur des questions relatives à votre discipline ou à des enjeux de santé publique.
Exemples de contenus conformes :
La condition : l'information doit être précise, scientifiquement fondée et formulée avec prudence. Vous ne pouvez pas présenter comme acquis ce qui reste hypothétique.
L'Ordre autorise la communication sur les événements objectifs de la vie de votre structure, à une fréquence raisonnable.
Exemples de contenus conformes :
Vous ne pouvez en aucun cas vous comparer à vos confrères, que ce soit directement ("meilleur cabinet de la ville") ou indirectement via un classement ou une mise en avant de vos résultats face à la concurrence.
Partager l'avis positif d'un patient sur votre Instagram est interdit. Cela inclut les avis Google, les témoignages vidéo mis en avant sur votre profil, et les stories de remerciement publiées avec l'identité du patient.
Les avis Google peuvent exister (vous ne les contrôlez pas), mais vous ne pouvez pas les utiliser comme outil de promotion active.
C'est l'une des erreurs les plus fréquentes et les plus graves. Publier une photo avant/après, un cas clinique ou même une simple photo en cabinet où un patient est reconnaissable sans avoir obtenu son consentement écrit explicite expose à une sanction ordinale et potentiellement pénale.
Le secret professionnel s'applique sur les réseaux sociaux exactement comme en consultation.
Aucune réduction, offre spéciale ou mise en avant commerciale sur les tarifs n'est autorisée. Même formulée de façon détournée ("offre de bienvenue", "premier bilan offert"), ce type de communication est proscrit.
Vous ne pouvez pas promouvoir les produits d'une marque dentaire, même si vous les utilisez en cabinet, même si la marque vous sollicite pour un partenariat. La publicité pour une firme est explicitement interdite par la charte ordinale.
Techniquement autorisé avec un consentement écrit du patient, mais à manier avec précaution. La formulation compte : vous présentez un cas clinique à finalité éducative, pas un résultat commercial. Évitez les mises en scène trop esthétisantes ou les légendes qui valorisent votre technique de façon comparative.
Montrer votre cabinet, vos équipements, votre équipe dans une vidéo soignée : oui. Si la mise en scène ressemble à une publicité, le risque de requalification en publicité augmente. Le curseur est subjectif. C'est l'Ordre qui tranche en cas de signalement.
Si un patient connu publie de son propre chef sur son expérience dans votre cabinet, vous n'êtes pas en faute. Si vous avez organisé ou rémunéré cette publication, même indirectement, c'est de la publicité déguisée.
Une fois le cadre posé, la question n'est plus "est-ce que je peux ?" mais "comment je construis quelque chose de cohérent et durable ?"
Voici une structure de contenu qui fonctionne dans le respect des règles :
Les piliers de contenu :
Ce qu'il faut éviter dans tous les cas :
Instagram est un outil de communication légitime pour un chirurgien-dentiste, à condition de rester dans la logique d'information et d'éducation, jamais dans celle de la promotion commerciale.
La règle la plus simple pour évaluer un contenu avant de le publier : demandez-vous si ce que vous publiez sert le patient ou votre cabinet. Si la réponse est "les deux", vous êtes probablement dans les clous. Si la réponse est uniquement "mon cabinet", relisez avant de poster.
En cas de doute, la charte ordinale et les recommandations de l'Ordre sont disponibles en ligne sur le site du Conseil national. Et si vous souhaitez construire une stratégie Instagram structurée et conforme pour votre cabinet, c'est exactement ce que nous faisons chez Metara.